CIRCUIT
Centre d’art contemporain
9, av. de Montchoisi
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CH – 1001 Lausanne
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O o, u u.

Pierre Paulin

Vernissage le vendredi 07 décembre 2018 à 19h00
Ouverture du 08 décembre au 12 janvier 2019

Ouverture exceptionnelle durant le OFF du festival Les Urbaines : le samedi 8 et dimanche 9 décembre de 14h à 18h

jeudi, vendredi, samedi de 14h à 18h et sur rendez-vous

liste des pièces

O o, u u. s’inscrit dans le prolongement de l’exposition Boom boom, run run présentée au Plateau à Paris fin 2017. Pour ce deuxième volet, Pierre Paulin propose une nouvelle version de son essai poétique éponyme – publié dans un grand livre en cuir noir – ainsi qu’un ensemble composé d’objets et d’une vidéo.

Ce texte associe l’histoire de la basket, l’écriture poétique et le rythme de la marche. Il débute par le récit de l’achat d’une réédition d’une paire de baskets Superstar qui entraîne une déambulation introspective et hallucinée. Il évoque notamment le single My Adidas du Run D.M.C, et compare l’apparition du logo sur le vêtement à l’avènement d’un correcteur de ponctuation automatique. Ainsi, le « boom » que l’on entend dans l’espace de l’exposition, et qui rythme la vidéo, est un sample du son du ballon que Mickael Jordan fait rebondir pour ponctuer le slogan de la publicité Banned diffusée à la télévision en 1985 - année de la commercialisation des premières Air Jordan.

Plus largement, Pierre Paulin tisse des liens entre la poésie et l’histoire du prêt-à-porter. Dans ses textes Notes sur l’ambiance et Le Logo, la robe de chambre et le travesti il évoque la similitude entre l’écriture qui repose sur un langage qui nous préexiste, et l’assemblage de basics vestimentaires que l’on utilise pour composer des looks singuliers. Pierre Paulin travaille avec les codes symboliques et identitaires de la mode afin d’imaginer ce que pourrait être un poème aujourd’hui.

Dans cette exposition, l’artiste fait explicitement référence à la théorie du poète Jack Spicer pour qui l’auteur est le récepteur de la voix du poème. Pour Spicer, le poète est similaire à un poste de radio. Il utilise ses connaissances, ses émotions, sa relation au langage comme du « mobilier d’intérieur » pour accueillir convenablement la voix qui dicte le poème (pour la capter). La vidéo met ainsi en scène, et en image, la relation de l’artiste à la voix du texte Boom boom, run run et évoque combien cette voix est parasitée par la « ponctuation logotype ».

Les différents objets présentés sont tous des accessoires qui servent ou ont servi à accueillir la dictée.
La combinaison intégrale en cuir noir affublée de longs gants de cuir blancs est un costume pour la voix. Les huit bagues sont gravées des dates qui ouvrent et ferment la diffusion de cette voix : 1986 et 2018. La main chaude en métal, un instrument utilisé pour former des gants, est ici transformée en encensoir à narcotique. Le dubplate, protégé dans le carton de la boîte de Superstar, contient l’enregistrement d’un remix techno de la bande sonore de la vidéo permettant de danser sur cette histoire. La paire de Superstar blanche, compensée, exagère le travestissement induit par le logo. La paire de Air Jordan noire est surélevée pour que l’artiste puisse atteindre un panier de basket sans effort « dans une danse de signes ».

À travers une sélection d’objets, l’exposition O o, u u. constitue le décor culturel et le langage poétique et corporel conçus pour accueillir la voix de l’essai poétique Boom boom, run run : « … boom… avec une paire de Nike rien ne peut t’arrêter, ni sur un terrain délimité par des lignes de jeu (la page d’un poème), ni dans la réalité physique où le son du rebond se propage (comme on distribue un poème sur une page). Il y a dans cette publicité une poétique sonore et spatiale. Le boom… ouvre les guillemets d’un discours : « boom… fini les règles et les lignes qui délimitent les territoires… boom… désormais, le ghetto du signe est partout, il nous habille et nous entoure… »

Pauline S.


Pour l’occasion, le premier numéro d’une revue intitulée La Robe réunit un ensemble de textes, de notes, de poèmes, ainsi que le matériel iconographique issu de la préparation de l’exposition.




Pierre Paulin, né en 1982, vit et travaille à Paris.
Depuis 2009, son travail a été exposé dans diverses institutions telles que le Palais de Tokyo en 2013, le Centre de la photographie de Genève en 2014, la Fondation Ricard et la Fondation Calouste Gulbenkian en 2017.

Pierre Paulin est aussi cofondateur d’un atelier d’édition indépendante avec Alexandru Balgiu (responsable du séminaire Designing Writing à l’ECAL), Roman Seban (graphiste participant à la maison d’édition Paraguay Press) et Clémentine Rougier (relectrice et attachée de production pour la compagnie Vlovajob). Cet atelier a pour but de publier de la poésie, des essais sur l’art et des traductions.


Expositions personnelles
2017 — Boom boom, run run, Le Plateau, FRAC Île-de-France, Paris
2016 — Trop tard, galerie Emmanuel Hervé, Paris
2014 — Vitrine, L’Antenne - Le Plateau, FRAC Île-de-France, Paris
2013 — Poèmes, galerie Emmanuel Hervé, Paris
2013 — Input Writings, Palais de Tokyo Module Fondation Pierre Bergé, Yves Saint Laurent, Paris
2011 — Détails d’un futur souvenir, galerie Emmanuel Hervé, Paris
2011 — Historique > Visites récentes > M., galerie Emmanuel Hervé, Paris




Remerciements à la Mégisserie Alric

Remerciements pour l’aide logistique : Musée de l’Elysée (Simira Räbsamen), ECAL/Ecole cantonale d'art de Lausanne (Alexis Georgacopoulos, Antoine Vauthey, Robert Dutoit)

Remerciements à Ernest Gachet, Samy Kort, Simon Paccaud, Jacques Henri Sennwald

Circuit bénéficie du soutien de : Ville de Lausanne, État de Vaud, Loterie Romande, Pour-cent culturel Migros et Profiducia Conseils SA


Programme à venir:

KNOCK ON WOOD
de Tom Johnson avec Martin Riches
du 1er février au 16 mars 2019

Vernissage le vendredi 07 décembre 2018 à 19h00
Ouverture du 08 décembre au 12 janvier 2019

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